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Miryan Klein, l’art au féminin
Lyonnaise d’origine, épicurienne de la vie et de l’art, elle vit à mi temps entre Nice où elle travaille dans la quiétude du Mont Boron et sa résidence de la campagne Normande. Rencontre avec une artiste à la fois timide et extravertie, souriante et mystérieuse mais aussi généreuse et accessible.
Rares sont les artistes qui ont « encore » leur atelier dans le quartier du Mont Boron. Telle une perle dans son écrin, Miryan parle de cet atelier avec tendresse et attachement. Non, pas de visiteurs en ce lieu. Consacré à son intimité, il est son espace de totale liberté. Un joli désordre y règne empreint de la diversité de la personnalité de l’artiste, de ses essais, de sa vie.
Miryan est une artiste engagée, son œuvre c’est le constat de notre société avec ses travers qu’elle sait sublimer, qui rendraient parfois l’être humain attendrissant. Sa féminité s’exprime doublement : force et finesse. Une des caractéristiques de son travail vient de la mixité des thèmes soutenue par la diversité des matériaux et des procédures. L’angle de vue est inattendu, les supports viennent d’horizons différents. Elle se plait à utiliser des matériaux dits pauvres comme le néon. Dans ses tableaux « no painting », la lumière remplace le pigment.
Elle se veut témoin. La sincérité et la pertinence de son implication émanent d’un besoin absolu et total de dire sa vérité. Tout est essentiel dans son travail. Les techniques utilisées sont le fruit du désir de toucher, montrer, détourner pour inventer une expression artistique qui lui ressemble et qui s’inscrit dans notre ère. Ainsi, elle revisite à sa manière « Le déjeuner sur l’herbe » de Manet (travail qui a d’ailleurs été choisi comme sujet du baccalauréat des arts plastiques).
Miryan passe aisément de la sculpture à la peinture. En effet, elle éprouve le besoin de se promener de l’une à l’autre sans règle, ni loi. Avec ses sculptures, « la foule », elle décide de pointer la surpopulation, le racisme et la perte d’identité inhérents à notre société. Elle le fait sans jugement, sans agressivité dans un simple constat de femme, d’artiste et de citoyenne du monde.
Dans sa toile, reprenant la célèbre photo de Man Ray « Le Violon d’Ingres », Myrian regarde en face les nouveaux codes de beauté du monde contemporain, et par delà la maladie, dans une rencontre franche et frontale avec notre époque.
L’artiste assume sans complexe son époque, le mode de vie de ses contemporains, ses opinions, sa féminité. La femme engagée veut faire avancer le monde, celui de l’Art aussi. Sa force, c’est sa vision. Sa création se fonde sur la cohérence de son constat et son œuvre révèle la liberté qu’elle sait garder dans le monde de l’art.

